Association Française du Télétravail et des Téléactivités
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Propositions de l’AFTT Association Française du Télétravail et des Téléactivités

Assises des territoires ruraux Dunkerque, 17 novembre 2009

D 23 novembre 2009     H 01:15     A webmaster     C 0 messages


Pour répondre à l’initiative prise par le ministre du l’Espace rural et de l’Aménagement du territoire, d’organiser des assises des territoires ruraux, dans le but de formuler des actions concrètes permettant d’anticiper, d’accompagner ou, quand elles ne sont pas conformes aux intérêts desdits territoires, de corriger les évolutions économiques et sociales, notre association a le plaisir de présenter quelques propositions qui peuvent effectivement alimenter des débats sur ces questions. Les éléments qui suivent sont issus des réflexions menées, autour de leurs projets, avec de nombreux représentants des collectivités territoriales, et aussi par les connaissances acquises des expériences dans d’autres pays. Le point commun de ces apports tient dans l’actualité de la question du télétravail pour les territoires en général (et aussi pour les entreprises et leurs salariés, sans aborder directement ici l’impact écologique positif de cette nouvelle manière d’organiser géographiquement l’activité économique) et surtout pour l’espace rural.

I - Le télétravail, c’est aujourd’hui une urgence et une nécessité

-  les équipements techniques nécessaires (ordinateurs, réseaux, équipements mobiles, logiciels…) sont désormais suffisamment performants pour la réalisation de l’essentiel des activités de travail immatériel ; ils sont de moins en moins coûteux ; les réseaux numériques disposent de grandes capacités de transport des informations et offrent une bonne couverture du territoire ;

-  le prix de l’énergie : son accroissement doit inciter à trouver des solutions d’économies, particulièrement en matière de transports non essentiels ;

-  la pollution est sans cesse plus pesante et implique des mesures politiques volontaristes pour en restreindre les effets (cf. taxe carbone) ;

-  la réceptivité sociale est élevée pour ce type d’innovation de « bon sens », la totalité des partenaires sociaux ont signé, en 2005, un accord national interprofessionnel sur le télétravail, qui règle pratiquement toutes les questions pouvant se poser dans une entreprise ;

-  rater maintenant une telle opportunité aurait des conséquences dommageables pour la compétitivité de nos entreprises ; le déficit d’utilisation des techniques du travail à distance, par rapport aux pays comparables au nôtre, se situe dans une échelle de 1 à 3 ;

-  le nombre de postes de travail potentiellement concernés est considérable : plusieurs millions en France, des centaines dans le Dunkerquois (voir récente étude de l’AGUR).

Tout le monde a à y gagner :

-  la planète (et les entreprises aux prises avec leurs bilans carbone)… 6 milliards de tonnes de CO2 en moins ;

-  les entreprises : réduction de coûts de fonctionnement ; baisse de l’absentéisme (1 milliard d’euros gagné sur le coût des indemnités journalières) et du temps partiel ; gains de productivité (20 % par poste de travail) ; pénétration de la logique de résultat dans le contenu du travail ; dynamisation des relations sociales ; attractivité améliorée…

-  l’encadrement : connaissance plus fine du contenu du travail ; management rapproché…

-  les salariés : gains de pouvoir d’achat (1 500 à 3 000 euros par an et par personne) de temps disponible, de responsabilité, de confiance, de motivation… une solution bien adaptée pour les handicapés, les seniors…

-  les collectivités locales : réduction des déplacements ; employabilité des personnes victimes de discriminations ; qualité de la vie ; attractivité des territoires…

II - Le télétravail dans les territoires et dans les entreprises

Actuellement, de nombreux territoires et entreprises se préparent.

Outre la volonté politique, le point crucial de la réussite d’un projet de télétravail tient dans sa capacité à assurer une dimension globale satisfaisante, c’est-à-dire un projet ayant comme ambition de vouloir fédérer, dans un même mouvement, des préoccupations et des attentes diverses, principalement celles :

-  des directions d’entreprises, qui doivent prendre la décision stratégique d’organiser leurs structures internes selon ce mode de distanciation d’une partie des opérations de travail ;

-  des salariés, qui doivent mesurer les avantages effectifs qu’ils retirent de cette innovation et les efforts à accomplir pour atteindre le degré d’autonomie requis ;

-  des collectivités publiques, pour qui le télétravail représente un atout important dans leurs politiques visant à l’harmonie et à une meilleure attractivité de leur territoire ;

-  la société dans son ensemble, qui va trouver, par cette voie, des solutions à ses problèmes structurels en matière d’environnement.

III – Quelques pistes possibles pour un plan d’action « Télétravail » dans le dunkerquois

1. La définition du territoire économique

a. si l’on veut voir clairement les enjeux territoriaux actuels, en lien avec la diffusion des TIC dans les entreprises, il faut pouvoir mesurer ce qu’est ce territoire effectif aujourd’hui (en gros, celui qui est accessible, aller et retour dans la journée, par un télétravailleur devant se rendre au siège de son entreprise, soit de façon régulière, soit de façon inopinée) – c’est-à-dire un périmètre qui dépasse largement les circonscriptions administratives connues : en première approximation, on peut estimer que, pour le Dunkerquois, le territoire économique serait délimité par les agglomérations lilloise, parisienne, londonienne et bruxelloise.

b. cette définition devrait déboucher sur un recensement des possibilités d’emplois : dans ce territoire économique, il va s’agir de déterminer les structures, publiques et privées, qui sont susceptibles d’offrir un système de travail distancié (soit une organisation partageant les localisations des activités entre le « centre » situé sur le territoire économique de la collectivité – par exemple Paris - et des implantations diverses : domiciles, télécentres… situées à l’intérieur de la circonscription administrative dunkerquoise )

2. L’action locale

Sur le périmètre de cette circonscription administrative dunkerquoise, on peut envisager des actions significatives :

a. le recensement des déplacements pendulaires quotidiens, entrants et sortants de la circonscription, avec un objectif de les réduire de façon notable (par exemple 10 %) dans un délai de quelques années (surtout pour les déplacements en automobile) ;

b. l’examen de l’opportunité de créer des télécentres, avec des collectivités locales ou des entreprises intéressées, permettant à chaque salarié qui bénéficierait du dispositif, de pouvoir choisir entre le travail à son domicile, le travail dans ces télécentres et/ou (au moins une fois par semaine) le travail au siège de sa structure d’appartenance ;

c. ces télécentres pourraient aussi recevoir d’autres fonctions de service public (information du public, sensibilisation, formations….) ou semi-publiques (aides aux créateurs d’entreprises, auto-entrepreneurs…) ; des collaborations peuvent avantageusement imaginées avec diverses institutions locales, comme les maisons de l’emploi, les pépinières d’entreprises…