Association Française du Télétravail et des Téléactivités
Vous êtes ici : Accueil » Actualités » Besson, Bercy, Télétravail : une étude de plus ! pour faire quoi (...)

Besson, Bercy, Télétravail : une étude de plus ! pour faire quoi ?

D 22 juillet 2011     H 22:18     A webmaster     C 0 messages


Besson, Bercy, Télétravail : une étude de plus ! pour faire quoi ?….
Assez d’études, agissons !

Décidément, les ministres se suivent et le télétravail continue de s’étudier au lieu de recevoir un véritable coup de pouce … et quelques décisions.

Un sujet très étudié

On ne compte plus les rapports et études sur le télétravail avec notamment :
- le rapport mené par le député Pierre MOREL à l’HUISSIER en 2006 pour le premier ministre de l’époque Dominique de VILLEPIN,
- l’étude réalisée par le Centre d’analyse stratégique avec le concours du cabinet Roland BERGER en novembre 2009 pour Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, alors secrétaire d’état,
- un nombre conséquent d’études terrain dont les dernières ont été réalisées par Macéo sur le Massif Central, ou par le projet de recherche Discotec mené par l’Université Lyon3 dirigé par Bruno MORISET sur le télétravail et son impact dans l’aménagement du territoire en milieu rural,
- une étude en cours du GIEC pour les fonctions publiques et qui se fait attendre,.

Le ministre Eric Besson a diligenté le 19 juillet 2011 une nième étude auprès des grandes entreprises, menée par le cabinet Greenworking. Pour savoir quoi ? avant de proposer quoi ?

Faut-il une étude de plus pour apprendre que :
certains dirigeants connaissent mal le télétravail alors que de nombreux cadres travaillent à distance,
les mentalités ne sont toujours pas disposées à reconnaître le télétravail comme étant une avancée managériale, économique et sociale bien que les salariés soient prêts comme le dit Nicole TURBE SUETENS dans son livre du même nom,
la notion d’accident du travail à la maison n’est toujours pas suffisamment éclairci,
les frais de déplacement kilométriques domicile-travail ne sont toujours pas déductibles au-delà de 50 kms alors que le télétravail permet justement de pouvoir travailler assez loin des locaux de son employeur, etc..
dans les faits, il suffirait simplement qu’un certain nombre de décisions soient enfin prises ?

On sait que ce n’est pas la technique qui bloque mais bien les mentalités et les comportements aussi bien pour les membres de la direction, que pour certains cadres intermédiaires, mais aussi chez certains salariés et leurs représentants, alors pourquoi une étude de plus, alors qu’il faut du concret ?

Il est temps d’agir

Il y a un temps pour tout, un temps pour la réflexion et un temps pour l’action.

Il est temps que les pouvoirs publics agissent dans un cadre interministériel et décident que :
Tout salarié qui travaille en dehors des locaux de l’employeur en utilisant les outils TIC pour effectuer ses activités en tout ou partie pour exécuter ses tâches soit impérativement considéré comme étant en télétravail afin que les obligations émanant de l’ANI du 19 juillet 2005 s’appliquent impérativement dans le cadre du contrat de travail (L’article de loi et son décret d’application serait annexé au code du travail et relève en conséquence d’un autre ministère : celui de Xavier BERTRAND - Cette mesure est nécessaire pour que le télétravail gris se transforme en véritable télétravail et permette aux employeurs de prendre enfin conscience que le télétravail est une réalité et que ce dernier peut s’étendre dans leur organisation par le seul fait qu’il faudrait mettre en place des avenants ou contrat de travail ou négocier soit un accord d’entreprise, soit un accord d’établissement ! ).

La notion d’accident du travail soit clarifiée si celui-ci survient au domicile des salariés pendant le temps de travail. Mais là encore, cette mesure relève d’un autre ministère : celui de la Santé donc de Mme Roselyne BACHELOT. De plus nous devons lui signaler que si le télétravail se mettait en place, le taux d’absentéisme pour arrêt maladie diminuerait de moitié si le télétravail se limitait à 2 jours par semaine pour les salariés dont le travail le permet, ce qui représente sans doute plus d’1 milliard d’euros d’économie sur les comptes de la Sécurité Sociale !)

La déductibilité fiscale portant sur les déplacements domicile-travail de plus de 50 kms en cas de télétravail au domicile sera déductible des revenus imposables, mais c’est un autre ministère, celui du Budget qui est concerné, et là c’est Mme Valery PECRESSE qui devrait prendre l’initiative.

Le télétravail n’est donc pas un appendice dévolu seulement au Ministère de l’industrie et de l’économie, mais une avancée issue de l’usage des TIC qui modifie notre manière d’appréhender le travail, l’espace, l’économie, la vie, la santé, le développement durable, l’aménagement du territoire et qui touche ainsi un plus grand nombre de ministères.

Alors, nous affirmons que c’est une action interministérielle qui devrait se mettre en place pour qu’enfin le télétravail décolle réellement.

Alors, espérons que cette étude sera enfin celle qui précède la mise en acte et la prise de conscience de tous les ministres concernés…

Philippe PLANTEROSE
Président de l’AFTT